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Des permis de bâtir plus rapides pour des logements moins chers

Le congé du bâtiment prend fin début août et le secteur sort de sa léthargie estivale. Les chantiers reprennent et une question se pose à nouveau: la pénurie de logements abordables en Belgique.

Les facteurs alimentant cette crise sont bien connus: une conjoncture économique incertaine, la hausse des coûts, celle des taux d'intérêt, une fiscalité imprévisible, peu de terrains constructibles, et enfin des procédures urbanistiques complexes et des services administratifs en sous-effectif.

Les principaux leviers pour augmenter l’offre de logements abordables se situent au niveau fédéral et régional, ce qui rend surprenant le peu d'attention accordée au sujet lors des élections de juin.

Si les administrations communales ne tirent pas toutes les ficelles, elles disposent néanmoins d'une série d'outils efficaces s’ils sont bien utilisés.

Les administrations locales dans l'impasse
Face au millefeuille institutionnel et à la complexité du sujet, de nombreuses administrations locales peinent à donner suite aux demandes de permis. Un sentiment de résignation règne, car l'offre de logements de qualité et abordables est structurellement inférieure à la demande.

La "brique dans le ventre" caractéristique de nos concitoyens devient ainsi de plus en plus lourde à l'approche du scrutin d’octobre. Bien que les administrations communales ne tirent pas toutes les ficelles, elles disposent néanmoins d'une série d'outils efficaces s’ils sont bien utilisés.

Le goulot d’étranglement de procédures de permis
Un obstacle au déploiement de logements abordables, tant pour les promoteurs que pour les sociétés de logements sociaux, est la lenteur et la complexité des procédures d'autorisation.

Le nombre de permis de construire accordés diminue de manière significative pour la rénovation et les nouveaux projets de construction depuis trois ans. Avec le labyrinthe bureaucratique et les procédures de recours, il faut en moyenne 4,4 ans en Flandre, 4,7 ans en Wallonie et même 5,5 ans à Bruxelles pour obtenir un permis définitif et exécutoire pour des projets d'envergure.

Les retards ont un double effet négatif: ils limitent la mise à disposition d’une offre de qualité sur le marché et grèvent la rentabilité des projets en raison des coûts de financement et du précompte immobilier. Cette augmentation est finalement répercutée sur le consommateur final. La meilleure solution pour sortir de cette impasse est de délivrer plus rapidement les permis.

Conclusion
À l'approche des élections locales du 13 octobre, la clé pour un logement abordable réside dans l'accélération des procédures d'autorisation. Le système actuel représente un goulot d'étranglement qui empêche la mise à disposition rapide de nouveaux logements et en augmente les coûts. Les administrations locales ont la possibilité de faire la différence en investissant dans plus d'expertise et de numérisation au sein de leurs administrations, ce qui est crucial pour une délivrance plus fluide des permis.