Des "Écoles Collaboratives" pour réduire les inégalités éducatives au niveau local
Le système éducatif actuel a considérablement évolué par rapport à il y a vingt ans, mais l'augmentation des inégalités scolaires reste préoccupante. En Belgique néerlandophone, le concept des "Brede Scholen" est déjà bien établi à Gand, Bruxelles et Anvers. En Belgique francophone, les "Écoles Collaboratives" offrent une opportunité unique pour les autorités locales d’agir efficacement.
Une récente étude PISA, un test réalisé par l'OCDE pour évaluer les compétences des jeunes en lecture, mathématiques et sciences, a récemment montré que le niveau des jeunes Belges était en déclin, enregistrant même l'une des plus fortes baisses parmi tous les pays étudiés. De plus, le nombre d'élèves n'atteignant pas le niveau minimum a doublé et l'écart entre les meilleurs et les moins bons élèves s'est creusé.
En appliquant de manière ambitieuse le concept d'"Écoles Ouvertes"
Les inégalités éducatives en Belgique doivent donc être abordées, et les administrations locales peuvent avoir un impact rapide et significatif dans ce domaine.
En appliquant de manière ambitieuse le concept d'"Écoles Ouvertes", les administrations locales peuvent lutter efficacement contre les inégalités éducatives et favoriser l'intégration des enfants scolarisés. La diversité croissante et l'évolution rapide de la société complexifient la mission des écoles. Ce qui se passe à l'école est intrinsèquement lié à la famille, la communauté et le quartier. La coopération devient essentielle pour aborder ces défis.
Les Écoles Collaboratives reposent sur un partenariat entre institutions et organisations locales: écoles, crèches, clubs sportifs, institutions culturelles et organisations de santé. Ce modèle propose une approche intégrée pour maximiser les chances de développement et d'éducation des enfants. Un coordinateur est désigné pour superviser plusieurs écoles dans un quartier, en favorisant des partenariats pertinents.
Activités extrascolaires via un système d'"opt-out"
Tous les enfants n'ont pas un accès égal aux activités extrascolaires, pourtant essentielles à leur développement. La participation à ces activités est positivement corrélée à de meilleures performances scolaires, en particulier pour les enfants issus de milieux socio-économiques vulnérables. Qu'il s'agisse de la piscine offrant des cours de natation gratuits le mercredi après-midi, d'une collaboration avec une organisation culturelle locale comme un projet de chant ou une chorale, ou encore d'activités linguistiques variées telles que les ateliers de débat extrascolaire organisés par l'ASBL Debateville.
L'École Collaborative favorise cette participation en réduisant les obstacles, offrant ainsi aux jeunes diverses opportunités. De plus, un système d'inscription automatique aux activités extrascolaires, sauf avis contraire des parents (système "opt-out "), pourrait être envisagé, libérant ainsi les organisations du temps précieux consacré au recrutement. Cette recommandation a également été proposée dans le rapport du Groupe du Vendredi intitulé "Champion de l'égalité des chances dans l'éducation dans 10 ans".
Les Écoles Collaboratives peuvent aussi organiser des écoles d’été pour prévenir les pertes d’apprentissage durant les vacances et remédier aux retards scolaires. Ces écoles constituent un environnement favorable pour l'apprentissage linguistique, avec une attention particulière aux élèves vulnérables. Aux Pays-Bas, ces écoles d'été sont déjà intégrées avec succès dans le système éducatif.
Le rôle essentiel des administrations locales
L'École Collaborative est un moyen particulièrement efficace de lutter contre les inégalités éducatives en Belgique, et les administrations locales jouent un rôle crucial à cet égard. Qu'elles dirigent elles-mêmes l'École Collaborative ou la soutiennent, leur politique peut garantir que les défis spécifiques à chaque quartier soient abordés de manière optimale.
Selon le contexte et les partenaires disponibles dans un quartier, une École Collaborative pourrait se concentrer davantage sur la santé et la sécurité, tandis qu'une autre pourrait prioriser la participation sociale. Un large pouvoir décisionnel accordé au coordinateur de l'École Collaborative ainsi qu’aux travailleurs de terrain est également un facteur de succès. Les personnes sur le terrain savent souvent mieux ce dont les enfants ont besoin pour se sentir chez eux et acceptés dans leur quartier.
Enfin, un financement suffisant est essentiel pour assurer le succès de l'École Collaborative. Les quartiers à risque élevé de pauvreté infantile devraient bénéficier d'un financement supplémentaire pour l'École Collaborative. Cet investissement est largement rentable, compte tenu des coûts élevés des abandons scolaires et des redoublements pour notre société.
It takes a village to raise a child
L'École Collaborative, à l’image d’un village dans notre société moderne, veille à ce que chaque enfant puisse devenir un citoyen actif et engagé.