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Face aux métiers en pénurie, les actions locales sont efficaces

La liste des métiers en pénurie, régulièrement mise à jour par les services régionaux de l’emploi, dresse un constat sans équivoque: les secteurs de la construction, de l’industrie et de la technologie souffrent d'un manque chronique de main-d'œuvre qualifiée.

Les localités disposent de leviers d’action à leur niveau, tels que la planification stratégique de l'activité économique territoriale et la gestion de l'emploi local. Des initiatives menées à Charleroi, Bruxelles et Anvers montrent comment une action locale ciblée peut renforcer la résilience des villes et des territoires.

Comprendre les pénuries
En 2023, plus de 140 métiers étaient classés en pénurie par le Forem, avec une demande particulière dans les domaines de la construction, de l'ingénierie et des technologies de l'information. Par exemple, ces derniers comptaient l’an dernier plus de 12.000 postes vacants, tandis que les secteurs verts et de la rénovation énergétique faisaient face à une demande croissante, reflet des transitions en cours.

Certaines pénuries découlent de conditions de travail difficiles et peu attractives, comme dans le secteur de l'horeca, des soins de santé ou de la petite enfance. La sous-valorisation de ces métiers suscite un manque chronique de candidats. D’autres pénuries sont causées par un déficit de compétences. Les secteurs en pleine évolution, tels que la rénovation énergétique, le numérique ou les biotechnologies, font face à un manque de main-d'œuvre qualifiée.

En termes de répartition de compétences, l’activation au travail relève en principe des Régions. Cependant, les communes gardent certaines prérogatives et peuvent mener une action ciblée en matière d’emploi sur base des besoins spécifiques. Les réalités économiques diffèrent, en effet, qu’on se trouve en périphérie carolorégienne, autour du port d’Anvers ou dans le bassin de la Meuse.

Réhabiliter des espaces en centres d'innovation et de formation
Les communes peuvent, entre autres, par leur rôle dans l’octroi de permis et les bâtiments à leur disposition, aider à faire émerger des espaces de formation et soutenir des projets locaux. De plus, les communes ont la capacité de mettre en relation les programmes de formations et les demandeurs d’emploi avec les entreprises locales.

Charleroi, inscrite dans le cadre du Plan Catch, démontre comment une restructuration économique peut se transformer en opportunité. L’ancien centre de tri postal de la ville est en cours de reconversion en un pôle digital et technologique grâce au projet A6K-E6K, qui vise à conjuguer innovation technologique et formation dans le numérique.

Parmi d’autres exemples, à Bruxelles, les espaces vacants de la Gare centrale ont été transformés en BeCentral, un écosystème dynamique regroupant des entreprises digitales et des écoles de formation en informatique, telles que BeCode et Campus 19.

La ville de Gand, pour sa part, a réhabilité récemment son Wintercircus, un vaste espace forain abandonné de 15.000 m², qui accueille aujourd’hui des entreprises innovantes dans les domaines de la technologie, ainsi que des acteurs de la culture et de l’artisanat.

Conclusion
Ces collaborations entre le secteur public et privé montrent que les villes peuvent revitaliser leur tissu économique en investissant dans des lieux de rencontre et de formation adaptés aux besoins locaux. En réhabilitant des sites emblématiques et en attirant des entreprises, les villes peuvent catalyser l’émergence des talents pour combler les métiers en pénurie tout en jouant un rôle clé pour intégrer les jeunes, les chômeurs de longue durée et d’autres groupes vulnérables dans le marché du travail.